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Lucky Peterson
Lucky Peterson n’est pas seulement un chanteur et guitariste de blues hors pair, il se distingue également à l’orgue, un instrument sur lequel il concentre son nouveau projet. Le guitar-hero revient aujourd’hui à la source : un concert à l’orgue en hommage à Jimmy Smith, son premier maître et mentor.
L’émotion du blues, du jazz et de l’âme soul.

De son vrai nom Judge Kenneth Peterson, Lucky Peterson est né en 1964, à Buffalo dans l’État de New York. Ses premiers souvenirs musicaux remontent à son plus jeune âge, puisque son père, James Peterson, possédait le Governor’s Inn, un club de blues et de jazz réputé qui drainait tous les artistes de la région et ceux de passage dans la ville. Le musicien en herbe baigne très tôt dans la musique et apprend ainsi l’essence du blues et tous ses secrets. Heureux comme un poisson dans l’eau, dans ce vivier de créativité, Lucky Peterson n’a jamais caché son statut d’enfant prodige et particulièrement chanceux (son nom d’artiste n’est pas usurpé). Parmi les visiteurs réguliers du club de Buffalo, le jeune Lucky voit passer des grandes figures mais un musicien l’impressionne particulièrement, il s’agit de William James Dixon alias Willie Dixon, un musicien de légende à la carrure d’acier, ancien boxeur devenu auteur, arrangeur et producteur, et qui a imprimé sa marque sur le son du blues de Chicago. Le jeune garçon se produit devant lui alors qu’il n’a que cinq ans, jouant de l’orgue avec une étonnante agilité et chantant une poignée de chansons. Dixon est sous le choc. Persuadé qu’il vient de croiser un futur géant du blues, il décide de le prendre sous son aile. L’association du colosse et de son protégé aura des retombées fertiles. Elle permet à Lucky Peterson de se produire dans toutes les grandes émissions télévisées américaines de l’époque. En 1969, son premier disque Our future : 5 years old Lucky Peterson sort. C’est un best-seller, mais à cause de sombres problèmes de droits il ne rapportera pas le moindre dollar à son interprète… Pour son dernier album, Lucky Peterson se concentre exclusivement sur l’orgue Hammond B-3, son instrument de prédilection dont la sonorité chaude renvoie aux chants du gospel et aux hymnes de la soul music. Le bluesman américain y privilégie des morceaux instrumentaux et propose une instrumentation particulièrement compacte (un trio orgue-guitare-batterie, avec parfois l’ajout d’une trompette ou d’un saxophone) à travers un répertoire clairement orienté vers le jazz, en hommage au grand organiste Jimmy Smith (qui fut l’un de ses professeurs), avec des classiques de son répertoire (The Sermon, The Champ), et bien d’autres surprises… Pour rendre hommage à son mentor, il s’entoure de partenaires virtuoses parmi lesquels se distingue le jeune guitariste prodige de San Francisco, Kelyn Crapp. La batterie est tenue par un musicien de La Nouvelle-Orleans, Herlin Riley, qui a joué notamment avec Wynton Marsalis et Ahmad Jamal. Douze ans après sa mort, il était temps que Lucky Peterson rende hommage au génie et à la fougue de Jimmy Smith, en se consacrant uniquement à cet instrument roi et en interprétant pour la première fois de grands standards du jazz.

Soirée enregistrée par France Musique.

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