JazzOrJazz - Programme
Kimono
Le trio de Roberto Negro a évolué. Il a invité Christophe Monniot à partager quelques morceaux et les quatre se sont plu. La nouvelle formation, Kimono, navigue entre musique de chambre avec basse électrique et quartet de jazz (la formation mythique piano, saxophone, basse et batterie), entre improvisations et réminiscences contemporaines, convoquant tour à tour Messiaen ou Ravel, retrouvant même la force primitive de Magma au bord de la forêt primaire…

Ce premier album propose deux pièces, la Sonate pour une nouvelle terre signée de Christophe Monniot, et la Sonate pour un monoski, de Roberto Negro. Brillante invitation à se laisser glisser vers ce jazz moderne, intelligent et cultivé, vivant et original apparu depuis peu. Le festival Jazz or jazz a l’honneur de présenter le concert de sortie du nouvel album du groupe, produit par le label et partenaire orléanais Ô jazz !

 

Roberto Negro débarque à Paris en 2008, jeune diplomé en jazz au Conservatoire de Chambéry, il prend quelques cours avec Marc Ducret, Denis Badault, Benoit Delbecq puis s’inscrit au Centre de musique Didier Lockwood où il obtient un Prix de Composition. Multipliant les collaborations interdisciplinaires, il flirte avec le théâtre, la poésie ou encore la chanson théâtrale. C’est en 2009, lors de Place au Jazz Bourgogne, proposé par Ô jazz !, que les Orléanais ont pu découvrir pour la première fois Roberto Negro, au sein de Calibro Nove, une formation réunissant plusieurs élèves du Centre de musique Didier Lockwood. Il participe aussi en 2011 à la création du collectif de musiciens Tricollectif qui dès lors constitue le cadre de la majeure partie de ses créations. Il fonde le quartet La Scala avec Théo Ceccaldi au violon, Valentin Ceccaldi au violoncelle et Adrien Chennebault à la batterie, puis en 2012 la suite Loving Suite pour Birdy So, sorte d’opéra miniature pour quintet à cordes et chant (avec Elise Caron, les frères Ceccaldi, Federico Casagrande, Nicolas Bianco, sur des textes de Xavier Machault) développant aux confins de la chanson, de la musique improvisée et de la tradition classique resongée, une délicieuse variation cinématique autour du sentiment amoureux. Plus que jamais avide de rencontres, de renouvellement et d’expérimentations idiomatiques transgenres, Roberto Negro mène de front aujourd’hui une multitude de projets dont le quartet Kimono.

 

Christophe Monniot commence la musique par la trompette. Puis il entreprend des études de saxophone classique au conservatoire. En 1995, après une licence de musicologie de l’Université de Rouen, il intègre le CNSM de Paris en classe de jazz. En 1998, Christophe est reçu Premier Prix à l’unanimité (premier nommé) du département jazz et remporte la même année le premier prix de soliste au Concours national de jazz de la Défense ; il se fait remarquer au sein du groupe de Laurent Dehors, Tous Dehors. Parallèlement à ses études, il forme avec le batteur Denis Charolles et le saxophoniste baryton Cyril Sergé, la Campagnie des Musiques à Ouïr : un trio de doux dingues, rêveurs irrévérencieux de lendemains qui chantent, détournant Vince Taylor ou Police, offrant un lifting inattendu à l’improvisation libre assaisonnée musette. À la fin des années 90, Christophe Monniot côtoie toute une nouvelle génération de frondeurs au CNSM : Fred Pallem (créateur du Sacre du Tympan auquel il participera), Matthieu Donarier, Rémi Sciuto. Sideman recherché, il participe à l’aventure collective de l’Orchestre National de Jazz dirigé par Paolo Damiani de 2000 à 2002. Il rencontre et joue avec la Compagnie Lubat, puis apparaît sur plusieurs albums de Joachim Kühn, Stephan Oliva, François Merville, David Chevallier… Enfin prêt, il fonde son propre groupe Monio Mania. Premier album en 2001 avec Gueorgui Kornazov (trombone), Emil Spanyi (claviers), Manu Codjia (guitare), Atsushi Sakaï (violoncelle) et Denis Charolles (batterie) ; puis un second enregistré en 2005 au personnel en partie renouvelé, avec notamment Marc Ducret. Christophe Monniot et Emil Spanyi, claviériste surdoué, créent Ozone en 2006, afin de proposer une lecture très personnelle des standards du jazz. Cette entité bicéphale, accompagnée du batteur Joe Quitzke, offre un jazz drôle, tourmenté, voire déroutant entre folie des improvisations, compositions alambiquées et travail sur les sons électroniques (deux cd publiés). Avec Station Mir, son nouveau projet, il explore toutes les facettes expressives d’un trio acoustique dont l’instrumentation renvoie autant à la musique de chambre qu’aux folklores imaginaires. Christophe Monniot était surtout l’invité du Roberto Negro Trio au Théâtre d’Orléans, en mars 2012, lors de la 3e saison des Samedis du jazz proposée par Ô jazz ! et la Scène nationale d’Orléans sur le thème Les grands invités.

 

Stéphane Decolly est bassiste professionnel depuis 1995. Après avoir suivi le cycle intensif de l’école « Jazz à Tours » et fréquenté le conservatoire d’Orléans, il participe à divers stages et cours auprès de Steve Coleman, Aka Moon, François Jeanneau, Linley Marthe, Geoffroy de Masure, Nelson Veras, Michel Hatzigeorgiou… Il va ensuite jouer auprès de Thomas de Pourquery au sein de Endless Summer (nombreux concerts en France et Europe depuis 2002), puis avec le Sacre du Tympan (répertoire Nino Ferrer, grande formation dirigée par Fred Pallem et Thomas de Pourquery) avant de rejoindre le Grand Orchestre du Tricollectif puis le quartet Kimono (avec Christophe Monniot, Roberto Negro et Adrien Chennebault). Il se produit également avec Now Freeture et Japanese War Tubas. Il est membre du Lisa Cat-Berro quartet, avec Nicolas Larmignat, Lisa Cat Berro et Julien Omé, ainsi que du Z Comme, quartet de Julien Behar. Stéphane Decolly enseigne à Jazz à Tours et à Musique et Equilibre. Il intervient occasionnellement dans l’ONJ, Afrorockez et dans le groupe Eric Lareine et leurs enfants ainsi que Chut ! (Fabrice Martinez, Eric Echampard, Fred Escofier et Stéphane Bartelt). Pilier de la scène jazz orléanaise, mais pas que… Stéphane Decolly tenait la basse au sein du Quintet de Jean-Christophe Briant, qui accueillit la chanteuse Sonia Cat Berro en mai 2010, lors de la 1e saison des Samedis du jazz au Théâtre d’Orléans.

 

Adrien Chennebault est originaire d’Orléans où il étudie la batterie ainsi que les percussions afro-cubaines au sein de Musique & Equilibre avec Eric L’Heudé, avant d’intégrer le Centre des Musiques Didier Lockwood dont il sort diplômé en 2009. Il étudie la batterie avec André Charlier, Franck Agulhon, Joe La Barbera, Stéphane Huchard, Karim Ziad… se formant à l’improvisation auprès de Joëlle Léandre, Elise Dabrowski, Szilard Mezei. C’est au sein de Dites 34, formation de jeunes musiciens orléanais réunis autour de Pascal Seixas, qu’on a découvert Adrien Chennebault, premier vainqueur en 2008 du Tremplin Orléans’Jazz. Ayant eu la chance de jouer et de se confronter à la scène et au public dès ses débuts, il entame sa carrière professionnelle avec les groupes Minuit Guibolles et Dites 34, avec lesquels il écume les routes françaises et internationales et enregistre plusieurs albums. En 2009, il cofonde le Roberto Negro Trio (1er Prix Tremplin Vannes 2011 et Oloron Sainte Marie 2011 – Lauréat Jazz à Juan) et rejoint le groupe Walabix (1e prix Tremplin Orléans Jazz, Lauréat Jazz à Vienne 2009 et Lauréat Jazz à la Défense 2009) aux côtés de Valentin Ceccaldi, Gabriel Lemaire et Quentin Biardeau, aujourd’hui solides piliers du Tricollectif. Il poursuit aujourd’hui son travail avec ces projets et alterne les enregistrements et les tournées, multipliant les collaborations, notamment avec Majnun & The Bled Art (chanson – musique du monde), le Road’s Quartet de Antoine Bernollin (Jazz – hommage à Jack Kerouac), Sous l’Ombrelle pièce de Jérôme Marin et François Chaignaud (création pour la Scène nationale d’Orléans) et co-fonde en 2011 La Scala (enregistrement en 2013). Il a eu l’occasion de participer à des créations avec de nombreux artistes, Eric Marienthal (USA), Christophe Monniot (France), Israel Moreno (Chiapas, Mexico), Silverio Pessoa (Recife, Brésil), Byron Sosa (Guatemala City, Guatemala), Mauricio Sotelo (Mexico City), João Frade (Albufeira, Portugal) … En 2011 il a été l’un des fondateurs du collectif orléano-parisien, le Tricollectif.

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